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N° 14 / N° 607 Texte original mis en ligne le 11 novembre 2015
___Mutti MERKEL, "Ordnung muß sein !"

samedi 3 juin 2017.
" Il faut qu’il y ait de l’ordre !"

L’Union européenne doit impérativement et rapidement encadrer les flux migratoires qui arrivent en Europe Centrale et orientale, notamment dans les Balkans, sous risque de très graves turbulences.

Le jour où nous mettons en ligne cet article (11 novembre 2015), les États membres de l’UE, les pays membres des processus de Rabat et de Khartoum, les observateurs auprès du processus de Rabat, les représentants de la Commission de l’Union africaine et de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les Nations unies et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sont réunis à La Valette dans l’île de Malte pour un sommet qui doit durer 2 jours (11 et 12 novembre).

Le but de cette rencontre est de trouver d’urgence les moyens de canaliser et freiner les flux migratoires vers l’Union européenne. Il semble qu’en raison de la situation, les instances européennes se résolvent à ouvrir les centres d’accueil qu’elles refusaient jusqu’à présent de créer.

ICEO se félicite qu’après six mois de déni les responsables européens prennent enfin conscience de la gravité de la situation et admettent la nécessité de mettre en place les mesures exceptionnelles indispensables au rétablissement de l’ordre public.

Il y a aujourd’hui sur cette terre 60 millions de réfugiés et de personnes déplacées à la recherche de sécurité, d’un abri, d’un foyer et d’un avenir, soit moins de 1% de la population mondiale. On estime le nombre de migrants cherchant à rejoindre l’Union européenne à environ 6 millions, soit 1% de la population européenne.

L’Europe ne devrait donc pas être plus affectée par les problèmes et les flux migratoires que le reste du monde. Mais les chiffres bruts des pourcentages d’immigrés et de réfugiés, donnés sans préciser l’origine précise des migrants et sans comparer leur culture à celle qui est majoritaire dans le pays qui les accueille, ne disent rien sur le ressenti des populations du pays hôte, ni sur la capacité d’intégration des immigrants.

On ne peut comparer le taux d’immigrés du Luxembourg (35%), du Lichtenstein (35%) et de la Suisse (23%), essentiellement européens, avec celui de la France (11%) pour laquelle les populations du Maghreb et de l’Afrique subsahariennes sont de plus en plus importantes.

De même, on ne peut comparer le nombre de réfugiés syriens au Liban estimé à 25% de la population (un million) avec celui que l’Allemagne prévoit d’accueillir, estimé à 1% de la population. Les Syriens sont aussi proches des Libanais, que les Wallons le sont des Français. On sait que l’accueil des Belges en France, durant l’exode de la Première guerre mondiale (août 1914) et durant l’exode de la Seconde guerre mondiale (mai 1940) ne s’est pas déroulé sans drames, ni frictions, mais de nombreux témoignages de reconnaissance montrent qu’en général les Belges n’ont pas été plus mal traités que les Français des départements du Nord de la France.

Pour porter un jugement équitable sur l’attitude des populations par rapport à l’accueil des migrants, il faut comparer ce qui est comparable, et essayer d’évaluer ce que représente réellement l’arrivée de migrants pour ceux qui sont concernés en première ligne. Il faut ainsi rapporter la valeur du flux migratoire au nombre de personnes effectivement affectées.

Dans le tableau qui se trouve à la fin de ce texte, nous donnons les chiffres indiquant l’importance relative des vagues migratoires le plus diverses, auxquelles la France a dû faire face depuis plus d’un siècle. On peut constater que les dix pour cent d’habitants qui habitent le plus près des campements de Calais, font face au flux de migrants le plus élevé qu’ait eu à connaître la population française.

Les campements à Calais

Seuls les Marseillais ont eu à affronter en 1962 un flux du même ordre de grandeur avec l’arrivée des Pieds-Noirs. Accusés d’être tous d’indéfectibles supporters de l’OAS, les Pieds-Noirs débarqués à Marseille gardent un très douloureux souvenir de leur débarquement en métropole dans la ville de Gaston DEFFERRE [1] . Il faut rapprocher les déclarations que faisait à l’époque le maire SFIO de Marseille, et celles que font ses descendants du PS aujourd’hui, pour mesurer combien la compassion des socialistes peut être changeante. En 2015, ils prônent une compassion absolue et un accueil sans réserve pour les réfugiés fuyant un pays ravagé par la fureur de l’EI (État Islamique) et celle de Bachar EL ASSAD. En 1962, ils prônaient la plus grande méfiance à l’égard des Pieds-Noirs, citoyens français, fuyant leur terre ravagée par les derniers affrontements entre les commandos OAS et le FLN.

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Les causes profondes des déplacements de population sont bien connues : extrême pauvreté et/ou guerres fratricides, sectaires et religieuses. On ne peut faire cesser durablement les migrations les plus massives qu’en mettant fin à leurs causes.

Les pays occidentaux ne sont pas proportionnellement plus affectés par les problèmes migratoires que le reste du monde. Par contre, ils sont indéniablement parmi les plus grands responsables des désordres économiques et des affrontements armés dont pâtissent de plus en plus d’habitants sur la planète. La financiarisation forcée de l’économie et la géopolitique à courte vue [2] de l’Occident ne sont pas pour rien dans les drames que nous voyons.

Sans se résigner à admettre l’inadmissible, comme on ne peut espérer dans l’immédiat mettre un terme à la cupidité économique et à l’aveuglement politique, on est bien obligé de se résoudre à subir les conséquences de la folie des hommes. On doit donc aujourd’hui gérer au mieux les crises migratoires, dans l’urgence, en essayant de limiter les dégâts humains et sociétaux.

Le vendredi 4 septembre 2015, les auditeurs de RMC ont été questionnés pour savoir s’il fallait accueillir les réfugiés qui arrivent actuellement massivement en Europe. Tous les médias peu ou prou ont fait la même démarche. Tous se sont interrogés pour savoir si les Français n’étaient pas devenus (ou n’avaient pas toujours été) insensibles à la détresse humaine. Presque tous se lamentaient des sondages dans lesquels 55% des sondés se déclaraient opposés à l’accueil des migrants. Pratiquement aucun ne soulignait que 44% n’y étaient pas opposés.

Il faut que la société française soit bizarrement sécularisée, pour que des journalistes osent poser la question de savoir si l’on doit ou non porter assistance à un de nos semblables en danger et si c’est un devoir d’accueillir un étranger en souffrance.

L’obligation d’accueillir l’étranger dans la détresse transcende toutes les religions et toutes les cultures, parce que l’altruisme est l’une des caractéristiques principales [3] du genre humain. Tous les hommes savent qu’en perdant tout sentiment d’empathie pour ceux qui sont dans la détresse, ils perdent ce qui fait l’essence même de leur humanité. Les Français le savent, bien sûr, et ils ont maintes fois montré dans leur histoire qu’ils étaient prêts à faire preuve de beaucoup de générosité [4] et capables d’accueillir nombre de réfugiés, de migrants, de martyrisés et de proscrits [5] . Par un raccourci dont on commence à avoir l’habitude, nombre de faiseurs d’opinions se sont indignés des résultats des sondages qu’ils avaient commandés, et ont explicitement accusé ceux qui refusaient d’accueillir les réfugiés d’être coresponsables de la mort d’un petit enfant syrien, échoué noyé sur une plage turque [6] .

L’analyse montrant que les plus opposés à l’accueil des réfugiés étaient majoritairement les électeurs du Front national, ceux-ci se sont vu désignés comme les principaux responsables de la mort du petit Syrien. Les électeurs du Front national étant surtout issus des milieux les plus modestes, c’est une fois de plus le petit peuple qui est accusé de non assistance à étranger en danger de mort.

En trente ans, les Français des milieux les plus modestes se sont détournés des partis de la gauche traditionnelle pour lesquels ils votaient très majoritairement (PS et PCF), pour apporter leurs suffrages au Front National, aujourd’hui souvent massivement.

Alors qu’ils pouvaient constater, élection après élection, qu’ils perdaient un grand nombre de leurs électeurs chez les ouvriers et les employés, leur cœur de cible électorale depuis des lustres, les partis de gauche n’ont en rien voulu reconnaître la moindre part de responsabilité dans ce phénomène politique. Si leurs électeurs les abandonnaient, c’était parce qu’ils avaient été contaminés par les thèses du Front National. Le parti créé par Jean-Marie LE PEN étant xénophobe, pour combattre les idées qu’il développait, certains ont eu la naïveté de penser qu’il suffisait de dénoncer la xénophobie et qu’il suffisait de fustiger tous ceux qui avaient la bassesse d’y succomber pour ramener les électeurs à la raison.

Non seulement l’opprobre jeté sur les électeurs du FN n’a eu aucun effet, mais il semble même que les leçons de morale distillée en continu « aux petits blancs, Français de souche » aient eu exactement l’effet inverse de celui escompté.

Les peuples qui se sentent méprisés, comme les enfants qui se sentent mal aimés, ont tendance à faire des bêtises, et plus ils se sentent injustement morigénés plus ils deviennent turbulents.

En France depuis près de cinquante ans et dans l’Union européenne depuis plus de vingt ans, les citoyens modestes sont traités comme de grands enfants. Pire encore, depuis qu’ils apportent leurs voix aux partis dits populistes, ils sont accusés de tous les péchés de la terre. Pour les élites mondialisées, ils ne sont rien moins que bêtes et méchants.

Les gens simples manquent parfois d’instruction, mais rarement de bon sens et d’intuition. Ils ont appris à se méfier des donneurs de leçons qui donnent si peu l’exemple. Ils ont parfaitement compris que nos savants économistes n’en savent pas plus sur l’Économie que les médecins de Molière n’en savaient sur la Médecine. Ils ont parfaitement intégré que depuis la création de l’euro les dirigeants politiques nationaux ne dirigent plus grand chose et que leurs prévisions sont le plus souvent contredites par les faits. Ils ont perdu toute confiance dans les discours officiels, surtout lorsqu’ils sentent qu’ils sont trop complaisamment relayés par les journalistes partisans.

Ils ont pu maintes fois vérifier que lorsqu’on fait appel à la générosité des Français, c’est eux d’abord, les gens modestes, qui doivent faire le plus gros effort. Alors que ce sont eux qui sont les premiers, et le plus souvent les seuls concernés, ils enragent d’être cloués au pilori pour égoïsme.

Ayant de plus en plus de mal à se loger, à trouver du travail et à nourrir leur famille, ils goûtent mal que les gens qui vivent confortablement installés dans l’opulence, voire le luxe ostentatoire et gaspilleur, veuillent leur donner continûment des leçons d’altruisme. Ils savent qu’une fois de plus c’est à eux qu’on veut faire porter le manteau d’infamie. Certaines déclarations de nantis sont tellement indécentes qu’ils peuvent facilement décrypter le fond de leur pensée. Les gens de peu ont compris qu’ils étaient implicitement tenus pour responsable de la difficulté que leurs gouvernements avaient à régler les problèmes humanitaires et sociaux. Tout serait si simple si ces « salauds de pauvres » acceptaient de partager.

Il est ahurissant qu’on fasse tant pour prendre aux gens modestes le peu qui leur reste et qu’on fasse si peu pour lutter contre la spéculation mondiale forcenée qui est de fait la cause principale des drames humanitaires que vit le monde.

De nombreux analystes financiers ont calculé qu’avec la somme qu’on pourrait récupérer en instituant une taxe minime sur les mouvements de fonds, on pourrait doter rapidement le continent africain de toutes les infrastructures nécessaires à son développement économique.

En constatant que si peu est fait pour régler les problèmes à leur source, les Français modestes ne peuvent qu’être suspicieux. Quand on leur parle de l’urgence qu’il y a à accueillir les réfugiés syriens qui se trouvent en Turquie, ils ne peuvent qu’être dubitatifs. En effet, si urgence vitale il y a, ce n’est pas celle d’accueillir des réfugiés de Turquie, qui avec ce qu’ils donnent aux passeurs pourraient survivre en Turquie sans être en danger de mort, mais celle d’accueillir les réfugiés de Jordanie, qui faute de moyens de subsistance se résolvent à rentrer en Syrie où ils seront là indéniablement en danger de mort.

Les petites gens en France n’ont jamais été totalement insensibles à la détresse humaine. Pendant de nombreuses années on a voulu faire accroire que pendant la Seconde guerre mondiale une majorité des Français s’était très mal conduite. En raison des nombreux concierges et crémiers cupides et sans scrupules mis en avant au cinéma et dans la littérature d’après-guerre, les Français ont fini par se persuader qu’ils étaient des enfants de salauds. Paradoxalement, ce sont souvent les élites françaises qui s’étaient vautrées dans la collaboration passive qui ont le plus laissé accréditer ces idées. Il aura fallu que Serge KLARSFELD publie les recensements comparatifs des Juifs déportés dans les différents pays occupés pour qu’on puisse porter un jugement plus positif[7] sur l’attitude générale des Français pendant l’Occupation.

En France, les petites gens savent que c’est un devoir sacré de porter aide et assistance aux malheureux, mais ils savent d’expérience que l’altruisme ne peut pas être absolu et qu’il est limité par les devoirs élémentaires que la vie vous a fixés. Une famille qui délaisse ses propres enfants pour mieux accueillir les enfants des autres devient une famille maltraitante, pas une famille altruiste. Un capitaine qui accepte de surcharger inconsidérément son navire pour secourir sans fin des naufragés, au risque de le faire chavirer, n’est certainement pas altruiste, mais assurément irresponsable.

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Le mercredi 9 septembre 2015, le président de la Commission européenne a prononcé devant le Parlement de Strasbourg son premier discours sur l’état de l’Union. Tandis que les images diffusées en boucle sur les chaînes d’information continue sont de plus en plus dramatiques et anxiogènes, les paroles de Jean-Claude JUNCKER ne sont de nature, ni à apaiser les anxieux ni à rasséréner les suspicieux.

«  … Depuis le début de l’année, près de 500 000 personnes ont gagné l’Europe. La plupart d’entre elles fuient la guerre en Syrie, la terreur instaurée par l’État islamique en Libye ou la dictature en Érythrée. Les États membres les plus touchés sont la Grèce, avec plus de 213 000 réfugiés, la Hongrie, avec plus de 145 000 et l’Italie, avec plus de 115 000.

Ces chiffres sont impressionnants. Pour certains, ils sont effrayants.

Mais ce n’est pas le moment de laisser la peur s’exprimer. L’heure est à une action audacieuse, déterminée et concertée de l’Union européenne, de ses institutions et de tous ses États membres. …  »

Depuis l’élargissement de l’espace Schengen à l’Autriche et à l’Italie en 1997, soit 18 mois après les pays créateurs, toutes les craintes qui avaient justifié leur entrée tardive, concernant la difficile sécurisation des côtes de l’Italie et la proximité de l’Autriche avec les Balkans, se sont avérées fondées.

Le principe de libre circulation des personnes étendu aux demandeurs d’asile clandestins rend toute gestion sérieuse des flux migratoires vers l’Union européenne impossible. Croire qu’on peut réguler la présence de migrants a posteriori est aussi présomptueux et illusoire que de croire qu’on peut réguler l’accès au stade lors d’une finale de coupe du monde de football en annonçant que les billets seront sévèrement contrôlés à la sortie.

Lorsque les règles qui régissent les États de droit sont systématiquement transgressées, il n’y a plus de fait d’États de droit. Le désordre s’installe alors durablement dans les idées et dans la rue.

On justifie toutes les transgressions actuelles du droit commun par la situation d’urgence et de catastrophe. Puisqu’il y a effectivement une catastrophe humanitaire présente et plus encore à venir, les principes de la médecine d’urgence doivent être immédiatement et impérativement appliquées.

Le premier principe en médecine de catastrophe est de trier et d’enregistrer les victimes pour pouvoir organiser et optimiser les soins dont elles ont besoin. On ne laisse pas les blessés errer librement entre les différentes antennes médicales, et surtout on ne les laisse pas forcer la porte du bloc opératoire où ils ont la prétention de se faire soigner. En médecine de catastrophe, c’est le médecin qui décide en dernier recours.

Le deuxième principe est de traiter tout d’abord les cas les plus urgents et les plus graves.

Aucun de ces principes n’étant respecté, il n’est pas étonnant que les gens simples, qui croient encore au sens des mots, aient quelque mal à croire que les mesures qu’annoncent les instances européennes soient les mieux adaptées à la situation. Seul un prompt rétablissement de l’ordre et de la discipline aux frontières et à l’intérieur de l’Europe peut permettre de gérer au mieux tous les drames qui s’annoncent.

Ceux qui prétendent que, par humanisme, il faut laisser les réfugiés franchir sans entrave toutes les frontières et toutes les barrières administratives qu’ils rencontrent sur leur chemin, dévoient les droits de l’homme auxquels ils prétendent être si attachés. En refusant par principe l’obligation pour les réfugiés de passer par un centre de transit et d’enregistrement dès leur entrée dans l’espace Schengen, les Européens se condamnent à l’impuissance, au désordre et à l’injustice.

Depuis plusieurs mois, la situation n’a cessé de se dégrader. Il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir que les images des migrants débarquant sur les côtes italiennes et grecques, passées en boucle sur toutes les chaînes d’informations en continu du monde, et les déclarations de celle que les migrants ont affectueusement appelée « Mama MERKEL » pendant quelques jours, créeraient de nouvelles vocations à la migration.

Lorsque début septembre 2015, les premières lignes de ce texte ont été écrites, la situation était très inquiétante, mais n’était pas encore totalement chaotique. Alors que des mesures strictes de la gestion des flux migratoires s’imposaient pour d’élémentaires raisons humanitaires, en prétendant laisser tous les réfugiés livrés à eux-mêmes, errer librement sur les routes d’Italie, de Grèce, de Macédoine, de Serbie, de Hongrie, d’Autriche, de Croatie, et aujourd’hui de Slovénie, les pays de l’Union européenne ont créé une situation qui ne peut que devenir inextricable, si le flot de migrants ne cesse de croître, et si l’organisation de l’accueil des migrants n’est pas ordonnée.

Ceux qui rappellent qu’en raison de leur nombre potentiel rapporté à la population européenne, les migrants devraient pouvoir être accueillis, dans le temps et dans l’espace, sans trop de drames, comme les rescapés des boatpeople, oublient ou ignorent les conditions précises dans lesquelles l’accueil de ces derniers a été organisé à l’époque.

En 1979, la France a pu accorder le droit d’asile à 128 531 réfugiés [8] vietnamiens, cambodgiens et laotiens sans heurts majeurs en raison des conditions bien définies de leur entrée sur le territoire national.

Après avoir été secourus en mer par les fameux boatpeople, affrétés notamment par Médecins sans frontières, les réfugiés étaient regroupés dans des camps de transit spécialement créés en Asie du Sud-Est, où leur demande d’asile auprès de différents pays était instruite avec attention.

Pour accélérer leur démarche, les demandeurs d’asile étaient invités à se prévaloir d’un comité d’accueil acceptant de se porter caution solidaire [9] pour leur venue en France.

En 2015, la France seule pourrait probablement encore arriver à accorder le droit d’asile à une centaine de milliers de réfugiés sans trop problèmes, si elle, et l’ensemble des pays de l’Union européenne avaient la sagesse de revenir aux modes de gestion traditionnels [10] des crises migratoires, certes contraignants, mais qui ont fait la preuve finale de leur réalisme, de leur efficacité, de leur justesse et de leur justice.

Bien sûr, l’Europe des 28, qui compte 508 millions d’habitants sur 4,5 millions de km2, soit une densité de population de 112 habitants/km2 strictement équivalente à celle de la France, pourrait accueillir un nombre de réfugiés de l’ordre du million, sans problèmes insurmontables, mais cela ne peut se faire n’importe où et surtout cela ne peut se faire n’importe comment.

Comme nous l’avons déjà souligné, les problèmes auxquels sont confrontés les gouvernements sont dus à l’importance des flux migratoires et à la qualité des migrants, plus qu’à leur quantité.

À la frontière entre la Slovénie et l’Autriche

En refusant par dogmatisme de suspendre la libre circulation des demandeurs d’asile et des immigrés clandestins en attendant que leur situation soit clarifiée au regard du droit d’asile, l’Union européenne a fait de l’espace Schengen une immense marelle [11] sur laquelle il suffit de poser un pied pour être sûr d’arriver au ciel.

Devant le désordre qui affecte les Balkans, l’Europe centrale et l’Italie, le président François HOLLANDE à évoqué, l’un des premiers, la nécessité de créer des Hot-spots. C’est l’expression qu’il utilise pour désigner les lieux de transit et d’enregistrement dont la création lui semble désormais incontournable. En fait, s’il ne parle pas de camps, c’est parce que ce mot étant désormais toujours associé à l’idée de concentration, sinon d’extermination, il est devenu imprononçable pour un chef d’État de l’Union européenne, qui prétend être irréprochable en matière de droit de l’homme.

En voulant être exemplaires en matière de droits de l’homme, en s’interdisant par principe tout contrôle et toute limitation d’aller et venir, les pays de l’Union européenne offrent à tous les passeurs, à toutes les organisations mafieuses ou terroristes la chance de pouvoir développer leurs activités délictueuses et criminelles dans des conditions optimales.

La diabolisation des frontières n’est pas pour rien dans l’immense désordre qui s’est installé dans les Balkans, et dans nombre des drames que vivent les migrants. Comme le rappelle sans relâche Régis DEBRAY : « Une frontière est une ligne consentie, faite pour être franchie, à certaines conditions légales mutuellement agréées. La frontière est une conquête de la civilisation, et quand il n’y en a pas, c’est la loi du plus fort, qui dresse un mur sans rien demander à personne. Une frontière peut mal tourner, mais l’absence de frontières, c’est la jungle ».

À la frontière hongroise

Nous y sommes, que de temps perdu ! Il aura fallu attendre la réunion des 28 chefs d’États de l’Union européenne le mercredi 22 septembre 2015, pour que les indispensables mesures de bon sens soient adoptées et surtout que l’accueil des migrants soit déclaré limité et sujet à caution. Depuis cette réunion, la chancelière allemande s’est déclarée prête à discuter avec Bachar EL ASSAD. La realpolitik semble enfin vouloir remplacer la catastrophique et calamiteuse politique menée jusqu’à aujourd’hui, faite de beaucoup de morale et d’encore plus d’inculture.

Dans l’Union européenne, les populations les plus défavorisées financièrement et culturellement ont appris à se méfier, dès qu’elles entendent leurs gouvernements mettre en avant morale et équité, pour justifier leur « généreuse politique ». Elles ont appris à regarder les images et se laissent de moins en moins abuser lorsque les commentaires des reportages sont contredits par les vidéos et ne correspondent pas à ce qu’ils peuvent constater dans leur univers.

En voulant présenter les migrants syriens qui débarquent dans les Balkans comme les plus malheureux de la terre, les gouvernants et les journalistes européens ont prouvé qu’ils n’avaient qu’une notion bien relative de la misère. Alors qu’on peut voir régulièrement à la télévision des populations martyrisées mourant effectivement de soif et de faim, les pauvres des pays riches n’ont aucun mal à comprendre que la politique qui est mise en place concerne essentiellement les plus riches et les moins nécessiteux des pays pauvres, contrairement à ce qu’on voudrait leur faire accroire.

Quand les responsables européens déclarent que l’anarchie qui règne sur les routes de l’Europe est le prix que le vieux continent doit payer pour rester fidèle à ses principes fondateurs et à ses valeurs humanistes, faites de liberté, d’équité et d’assistance aux plus démunis, les gens modestes sentent d’expérience qu’on leur ment parce qu’ils savent qu’il est indécent de parler de justice et d’équité lorsque prévaut la loi de la jungle qui est la loi du plus fort.

En soulignant ad libitum que les migrants sont une chance pour les vieux pays sans enfants, car ils sont surtout issus des milieux les plus instruits, les médias envoient aux Européens les plus modestes et les plus démunis un message particulièrement douloureux. Les « gens d’en bas » savaient depuis longtemps le peu d’estime que leur portent les « gens d’en haut ». Ils découvrent aujourd’hui que pour leurs élites mondialisées, avec lesquelles ils pensaient encore partager un même destin sur le sol commun qui les a vu naître, la solidarité de classe passe avant la solidarité nationale. Ils comprennent qu’ils sont de trop, qu’ils sont jetables, parce qu’ils sont devenus d’inutiles empêcheurs de « globaliser » en rond.

Quand ceux qui ont pour seule richesse leur « petite patrie », sont régulièrement sommés d’être accueillants, de s’ouvrir à la culture de l’étranger, ils savent qu’on les invite, de fait, à s’effacer, ils savent que leur culture va disparaître dans leur quartier, dans leur village, que les codes sociaux qui ont permis aux femmes et aux hommes de leur environnement d’entretenir des relations apaisées, vont rapidement être remplacés [12] par des codes différents, très souvent totalement incompatibles avec les leurs.

Pour de nombreux analystes, les Français seraient devenus de plus en plus xénophobes et racistes. À les entendre, ils l’auraient toujours été. À chaque vague migratoire, son lot d’histoires racistes, contre les Italiens, contre les Polonais, etc. Mais, bien que racistes et xénophobes, les Français auraient toujours fini par accepter et adopter les descendants d’immigrés. Pour ces analystes, le fait que l’acceptation et l’adoption se fassent attendre aujourd’hui pour les nouveaux arrivants serait dû principalement à la mauvaise volonté que les Français de souche auraient développée en prêtant trop l’oreille aux thèses du Front national.

Si, comme le prétendent certains analystes, les Français avaient toujours été xénophobes, ils n’auraient probablement jamais manqué de rappeler aux étrangers leurs origines. Or, ce n’est qu’après la parution en 2013 de l’ouvrage de l’historien Pascal ORY, le dictionnaire des personnalités et communautés qui, d’une manière ou d’une autre, dans les domaines les plus variés, politique, économie, culture, sciences, sports… ont contribué à construire la France, leur pays d’adoption, que nombre de Français ont découvert l’origine étrangère de tant de célébrités.

Lorsque les étrangers adoptent totalement la culture française, les Français attachent si peu d’importance à leur généalogie, qu’ils n’ont plus idée de les renvoyer à leurs origines.

Il est regrettable que Pascal ORY ait fait commencer son dictionnaire à la Révolution française, car ce faisant il laisse supposer que du temps de la monarchie absolue les étrangers comptaient pour rien dans le royaume de France, alors que plusieurs d’entre eux ont été amenés à jouer les plus grands rôles, ou à exercer les plus hautes fonctions, tels que Léonard DE VINCI, MAZARIN et NECKER. Sans compter les reines qui ont été quasi systématiquement d’origine étrangère (Espagne, Autriche, Italie, …).

Le racisme et la xénophobie doivent bien sûr être dénoncés et combattus avec force, mais pour être efficace, ce combat doit être mené avec justesse et mesure.

Malheureusement depuis 1986, la lutte contre le racisme et la xénophobie a été dévoyée par sa systématisation à des fins politiciennes et par sa facile instrumentalisation [13] à des fins malhonnêtes. Les discours antiracistes récurrents et mal ciblés, non seulement n’ont en rien réduit le racisme et la xénophobie, mais au contraire, en exacerbant les tensions interculturelles, ont fait croître les fléaux qu’ils prétendaient combattre.

Les pourfendeurs patentés du racisme [14] , qui depuis des années jettent la suspicion principalement en direction des « Français de souche », ont fini par accréditer l’idée que le mal contre lequel ils luttent affectent essentiellement les Européens de type caucasien [15] . Ce faisant, ils ont désarmé et désespéré tous les braves gens prêts à accueillir les étrangers, sous réserve qu’ils respectent leurs codes culturels et sociaux.

Depuis plus d’une génération, de crainte d’être accusés de racisme, de crainte d’être traînés en correctionnelle, de moins en moins d’adultes se risquent à rappeler à l’ordre les adolescents qui commettent des incivilités ou qui transgressent délibérément les codes sociaux ou les règles du savoir-vivre français traditionnels. En se remettant totalement à l’École [16] et à « ceux qui sont payés pour ça », pour définir les règles de bonne convivialité et pour les transmettre, la société française se condamne au désordre dans les têtes et dans les quartiers. Ce n’est pas le racisme qui crée le désordre, mais c’est le désordre qui fait naître le racisme.

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La Tour Eiffel a été construite en un temps record, sans aucun accident mortel, par des Compagnons du tour de France. Pour réaliser cette prouesse, il leur a suffi de rester fidèles au principe que leurs maîtres n’avaient de cesse de leur rappeler pendant leur apprentissage : «  ce qui fait notre force, c’est notre organisation. L’ordre et la discipline mènent toujours à une petite aisance ».

Dans les démocraties occidentales, ordre, discipline, sanction, punition, interdiction, etc. sont des mots qui ne sont plus dans l’air du temps. La "violence légitime", monopole dont dispose l’État pour le maintien ou le rétablissement de l’ordre public, est de plus en plus considérée comme une violence ordinaire et de moins en moins reconnue comme légitime comme si elle était devenue totalement inutile.

Depuis sa création, l’Union européenne a la prétention d’être un modèle exemplaire en matière de droits de l’homme. Pour ce faire, elle tend à condamner tout ce qui pourrait être assimilé à une injuste coercition, à une scandaleuse entrave à la liberté individuelle ou à une non présomption d’innocence.

- Les accords de Schengen stipulent que : « la migration et le franchissement des frontières extérieures par un grand nombre de ressortissants de pays tiers ne devraient pas être considérés, en soi, comme une menace pour l’ordre public ou la sécurité intérieure ».

- "Ma mission est exaltante, c’est-à-dire faire respecter les droits fondamentaux pour tous et pour toutes parce que nous sommes égaux en dignité et en droit. Il ne faut pas que ce soit un propos, il ne faut pas que ce soit une proclamation, il faut que ce soit une réalité dans la France qui se proclame le pays des droits de l’homme" (Déclaration de Jacques TOUBON, Défenseur des Droits, sur Europe 1, le 20 octobre 2015).

- Le vendredi 21 août 2015, deux personnes ont été blessées dans un train Thalys entre Amsterdam et Paris, par un homme armé d’une kalachnikov, d’une arme de poing, de neuf chargeurs et d’un cutter. Fort heureusement, celui-ci a pu être promptement maîtrisé, ligoté par de courageux militaires américains qui l’ont livré personnellement à la police. Bien qu’il ne puisse y avoir le moindre doute sur l’identité de l’auteur de la fusillade, puisqu’arrêté les armes du crime à la main, bien que l’homme placé sous les verrous ne puisse en aucun cas prétendre bénéficier de la présomption d’innocence, puisque ligoté en flagrant délit, les journalistes n’ont cessé de parler du tueur comme du présumé tireur du Thalys.

Il est savoureux de voir que pour nombre de journalistes la présomption d’innocence vaut jusqu’à l’absurde, antiracisme oblige, le tireur étant marocain, tandis que les hommes politiques français « jouissent » de la présomption de culpabilité dès qu’ils sont mis en examen.

- Le principe de précaution, qui s’est imposé dans l’Union européenne comme un principe essentiel, invoqué pour la préservation des zones humides et la sauvegarde de la biodiversité a été jusqu’à présent superbement ignoré en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, car son invocation pour ce domaine appellerait la mise en place de mesures portant atteinte aux libertés individuelles.

Le modèle irénique européen qui se veut super-vertueux a trouvé aujourd’hui ses limites.

Depuis l’arrivée massive, continue et chaotique des migrants, en raison de l’augmentation des attentats et plus encore des risques d’attentats, la politique mise en œuvre par les instances européennes est de plus en plus contestable et de fait de plus en plus contestée, notamment dans les urnes.

Pour mettre un terme aux critiques les plus dérangeantes, les fervents partisans de l’Union européenne répètent à l’envi : «  L’Europe, c’est 60 ans de paix, l’Europe, c’est LA paix  ». Comme si hors de l’Europe, il ne pouvait y avoir la paix, et surtout comme si l’Europe garantissait la paix à jamais.

Après la chute du Mur de Berlin, cette conviction a tellement imprégné l’imaginaire des Européens, qu’ils ont souvent benoîtement salué la réduction des dépenses militaires de leurs pays respectifs comme un bienfait. En paix avec leur bonne conscience, les Européens ont cru naïvement qu’ils étaient et resteraient en paix avec le monde entier.

C’est pourquoi, malgré la déclaration de guerre explicite faite à l’Europe par Daesh dès sa création (13 octobre 2006), les Européens n’ont pas encore pleinement réalisé que leur havre de paix était attaqué et qu’il était urgent d’en tirer toutes les conséquences.

Sans aller jusqu’aux mesures extrêmes mises en place aux États-Unis, dès janvier 1942, à l’égard des Japonais et des Nippo-Américains après l’attaque de Pearl Harbour (7 décembre 1941), l’Union européenne a failli en refusant, par principe, la création de centres de rétentions, qu’elle appelle pudiquement aujourd’hui hot-spots, alors que leur nécessité était une évidence, humanitaire et militaire.

En Slovénie

En laissant pendant des mois toutes les populations migrantes fraîchement débarquées errer librement sur ses routes, l’Europe a servi les intérêts des organisations mafieuses et terroristes. En refusant la rétention, fut-elle provisoire, des immigrés clandestins et des réfugiés, l’Europe a créé les conditions d’affrontements interethniques insolubles.

À l’occasion de la réunion de la COP 21 à Paris, le ministre Bernard CAZENEUVE vient d’annoncer que du 30 novembre au 11 décembre, les contrôles aux frontières seraient rétablis en France. Si l’espace Schengen n’est pas adapté à la protection des chefs d’États qui viennent en France, il est difficile d’expliquer qu’il est performant pour la lutte contre les terroristes.

En voulant faire l’ange, l’Europe fait la bête, car il est impossible d’assurer la sécurité et la sûreté publiques dans un espace où le maintien de l’ordre tend à disparaître.

Le désordre, c’est la guerre. Pour que l’Union européenne puisse demeurer un espace de paix, tout doit être fait pour faire cesser rapidement en Europe les situations chaotiques que décrivent tous les médias.

Paradoxalement, c’est à la suite des déclarations de la chancelière d’Allemagne, pays où l’ordre est traditionnellement considéré comme une vertu essentielle, que le désordre s’est notablement amplifié. Les migrants ont salué ses paroles de bienvenues d’un affectueux : Mutti MERKEL.

Un archange

Non moins affectueusement, nous nous permettons de lui rappeler : Mutti MERKEL, Ordnung muß sein ! [17]

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[1] Rédactrice en chef de l’émission « Mots croisés » sur France 2, Brigitte BENKEMOUN a été chef des informations à France Inter, rédactrice en chef de « Ripostes » sur France 5 et longtemps journaliste à Europe 1. Dans le livre qu’elle a publié en 2012, La petite fille sur la photo, elle dit sa stupéfaction d’avoir découvert 50 ans après son rapatriement en métropole, l’inhumanité des propos qu’avaient tenus de très nombreux responsables politiques français, notamment Gaston DEFFERRE : « Que les Pieds noirs aillent se faire pendre » : http://www.atlantico.fr/decryptage/...

[2] Géopolitique à courte vue : la presque totalité des interventions militaires effectuées depuis une vingtaine d’années au nom du droit d’ingérence, sous couvert de défense des droits de l’Homme, s’est soldée par des catastrophes militaires, politiques et humanitaires. Parce que les va-t’en guerre occidentaux ont délibérément négligé les enseignements élémentaires délivrées dans toutes les bonnes écoles de guerre. Avant leur engagement militaire ils ne se sont pas assurés que : 1° Une alternative au pouvoir qu’ils allaient réduire existait et était hautement crédible. 2° Les conditions de vie des populations deviendraient meilleures après qu’avant. 3° L’engagement avait pour eux un intérêt vital.

[3 ] L’altruisme est l’une des caractéristiques principales du genre humain, c’est pourquoi les philosophes, jusqu’aux plus contemporains, notamment Emmanuel LÉVINAS, l’ont tant étudié. Ce qu’il nomme la responsabilité-pour-autrui : http://la-philosophie.com/visage-levinas

[4] Les Français montrent chaque année qu’ils restent capables de gestes de solidarité. Mais, par la destination de leurs dons, ils prouvent que leur générosité est moindre lorsque les bénéficiaires éventuels leurs paraissent en partie responsables de leurs malheurs. Dans de nombreux domaines l’Allemagne est utilisée comme élément de référence. En ce qui concerne la proportion de donateurs dans la population nationale : elle est respectivement de 85% au Pays-Bas, 70% en Pologne, 70% en Suisse, 64% en Suède, 55% au Royaume-Uni, 49% en France, 38% en Belgique, 33% en Allemagne, 30% en Italie et 19% en Espagne : http://www.fundraisers.be/index.php...

[5 ] Le lundi 7 septembre dans sa conférence de presse, le président HOLLANDE a rappelé que la France avait toujours su accueillir les réfugiés et les migrants, notamment nombre de martyrisés et de proscrits, comme il les a nommés.

[6 ] La photo du petit Aylan, enfant syrien échoué noyé sur une plage turque, a été abondamment commentée et utilisée pour sensibiliser l’opinion publique au drame que vivent les familles de réfugiés syriens. L’émotion, qui ne peut qu’assaillir même les âmes les moins sensibles, peut favoriser les prises de conscience, mais peut aussi servir de noirs desseins. Les actions humanitaires les plus nobles, comme les opérations chirurgicales, doivent être mise en œuvre en restant constamment éclairées par la raison, au risque pour elles d’être instrumentalisées par tous les pouvoirs sans scrupules.

[7 ] Nous vous invitons à lire : Pour un roman national positif : http://www.association-iceo.fr/spip...

[8 ] On peut donner le chiffre de 128 531 réfugiés avec précision, parce que la gestion des demandes a été faite avec beaucoup de rigueur.

[9 ] C’est ainsi que les membres du Laboratoire de Chimie thérapeutique de la Faculté de Pharmacie de Montpellier se portèrent caution solidaire pour qu’un doctorant cambodgien, LŒUNG, avec lequel ils travaillaient quotidiennement, puisse faire venir sa famille près de lui. Lorsqu’après une longue attente, ses parents, ses frères et sœurs sont arrivés à Montpellier, leur venue avait été longuement préparée. La famille fut logée immédiatement et le chef de famille bénéficia d’un emploi réservé correspondant à ses compétences.

[10 ] Les modes de gestion traditionnels des flux migratoires massifs s’appuyaient, et s’appuient souvent encore, sur des principes simples et élémentaires. Quelle que soit leur appartenance politique, pour pouvoir apporter efficacement aide et assistance à des populations étrangères extrêmement nombreuses arrivant dans le pays qu’ils dirigent, les gouvernements ont pratiquement toujours eu recours à la création de centres d’enregistrement et de rétention plus ou moins longue. Cette pratique, bien que de plus en plus contestée, répond aux exigences de sécurité et de bonne gestion logistique. En refusant d’imposer aux réfugiés qu’il accueillent leur enregistrement ainsi que les lieux et les conditions de leur hébergement, les pays s’exposent à de graves problèmes économiques, sanitaires, sécuritaires et pour finir politiques. L’Allemagne, grande et généreuse, est en train d’en faire l’amère expérience, notamment en Bavière. On ne peut à la fois s’indigner des conditions de vie des réfugiés des campements à Calais et refuser toute entrave à leur liberté de stationnement et de circulation. Dans un espace fini, en l’occurrence l’Union européenne, on peut prôner une solidarité sans frontières, mais pour des raisons trivialement économiques, on ne peut rêver d’une solidarité sans limites et sans bornes.

[11 ] La marelle est un jeu enfantin, pratiqué le plus souvent dans la cour de récréation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marelle

[12 ] Depuis que dans son livre Le Grand remplacement, Renaud CAMUS a théorisé l’idée qu’à la faveur de l’immigration et des différentiels de fécondité, les « minorités visibles », c’est-à-dire en premier lieu les minorité noires ou maghrébines, tendraient à devenir majoritaires sur des portions en expansion constante du territoire français métropolitain, et que ce processus devrait conduire à une substitution de population au terme de laquelle la France cesserait d’être une nation essentiellement européenne, il est difficile d’utiliser les mots remplacement et remplacés sans être taxé d’être un supporter de la thèses conspirationniste développée par l’auteur. Les démographes peuvent facilement montrer que le remplacement dénoncé par Renaud CAMUS est un fantasme au niveau national. Par contre, il leur est impossible de nier qu’au niveau local se sont constitués des ghettos ethniques dans lesquels les populations d’origine européenne ont été parfois totalement remplacées.

[13 ] Facile instrumentalisation : La présomption de racisme est aujourd’hui tellement ancrée, qu’il est extrêmement difficile de faire reconnaître son innocence quand on est accusé à tort. L’antiracisme peut ainsi être utilisé par toute personne indélicate pour contraindre, sous la menace ou le chantage affectif, ceux qui s’opposent à la satisfaction de ses injonctions.

[14 ] Racisme  : Rares sont les associations antiracistes qui admettent que tous les peuples peuvent être à la fois racistes et victimes du racisme. Pour elles, le racisme semble souvent une tare qui ne touche, notamment en France, que les Européens leucodermes. C’est oublier que les principaux ressorts des multiples guerres ethniques sur la planète sont les animosités raciales des belligérants. On peut se désoler du racisme en France et se consoler un peu en notant que les Français sont plutôt moins racistes que beaucoup d’autres peuples. En effet, lorsque le président métis Barack OBAMA a été élu, une grande partie de la presse française a voulu saluer cette élection comme une leçon d’antiracisme donnée aux électeurs du monde en général et de France en particulier. Rendus amnésiques par leur Obamania, les journalistes ont omis de rappeler que l’élection d’un président noir dans un ancien pays esclavagiste où vivent 10 % de noirs était certes historique mais qu’elle ne pouvait être considérée en France comme exemplaire. Car les électeurs français n’ont pas hésité à élire à la présidence du sénat, deuxième personnage de la République, en 1958, Gaston MONNERVILLE, guyanais de naissance, un sénateur noir élu dans un département rural de la France profonde où ne vivait alors aucune communauté de couleur : http://www.association-iceo.fr/spip...

[15 ] Type caucasien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Caucasien

[16 ] Si tout ce qui est extérieur à l’École contredit ce que dit l’école, le travail du maître ressemble au travail de Sisyphe. Voir : L’école, l’école et encore l’école ! : http://www.association-iceo.fr/spip...

[17 ] Ordnung muß sein ! (Il faut qu’il y ait de l’ordre) : https://en.wikipedia.org/wiki/Ordnu... .

COMMENTAIRES

[ Novembre : éditorial de Henri GILLET, rédacteur en chef du bimestriel (Nouvelles de Roumanie. ] Étant donné le contenu de ce document, nous le mettons en ligne sur le site de l’Association. En effet à la lecture du texte on peut considérer qu’il commente notre article sans l’avoir lu.

Le 20 octobre, la Slovénie est en première ligne. Les migrants sont "aimablement guidés" vers la frontière autrichienne

Le 10 novembre, la Slovénie à son tour pose des barbelés à sa frontière avec la Croatie

[ Le 7 novembre : Tina MC OM ] …excellent, et parfaitement étayé (ce qui m’a permis de combler certaines lacunes en histoire, merci !). Il serait souhaitable que beaucoup de gens lisent ce texte et qu’il soit mis en ligne sur le site ICEO. Je constate autour de moi, en France comme en Allemagne (nous étions le week-end dernier à Bouzon) un profond désarroi, induit essentiellement par le désordre (foutoir serait plus juste )dont parle l’article et que je vis tous les jours à Siegen. Résultat, le « peuple » perd ses repères, angoisse, prend carrément peur et se met en boule comme le hérisson.

C’est pas bon tout ça… Bien cordialement.

[ Le 10 novembre : Dominique D] … Je ne suis pas d’accord sur certains points, au moins dans la formulation. Lire mes observations :

Sans compter les reines qui ont été quasi systématiquement d’origine étrangère (Espagne, Autriche, Italie, …). Il ne faudrait pas oublier non plus que la France a une origine multiculturelle (d’accord, c’est une banalité, pour ne pas dire une stupidité, car TOUS les pays ont finalement une origine multiculturelle) : sans remonter au métissage entre les populations paléolithiques, elles-mêmes hybridées avec les néandertaliens comme nous le savons maintenant, (devenues mésolithiques avec le réchauffement climatique [déjà !, mais là, c’était la fin de l’ère glaciaire]) et les "envahisseurs" néolithiques, apportant avec eux la culture du blé et l’élevage du bétail (on va supposer que ce mélange a donné un "homogénat" à l’âge du bronze puis du fer), on a eu les Étrusques (à Lattara par exemple), les Grecs (Massilia, mais aussi le vase de Vix) et surtout les Romains. Ensuite, les "Grandes invasions" nous ont amené les "barbares" : en vrac, Germains (en fait, des Celtes à l’époque de César … et Vercingétorix), Goths (https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichi...), Francs (déjà une confédération :https://fr.wikipedia.org/wiki/Francs) - tiens, finalement ce sont des étrangers qui ont donné leur nom à notre beau pays , Burgondes (https://fr.wikipedia.org/wiki/Burgondes), Alains (https://fr.wikipedia.org/wiki/Alains), Vandales (https://fr.wikipedia.org/wiki/Vandales), Huns (https://fr.wikipedia.org/wiki/Huns), toutes ces populations étant elles-mêmes des conglomérats. Au Moyen-âge, les étudiants de l’Université de Paris étaient répartis en "nations" : Picards, Normands, mais aussi Allemands ou Anglais. Comme quoi, même si relativement peu de personnes voyageaient, certains voyageaient beaucoup … et loin, Marco Polo par exemple. Ou un certain Copernic qui est allé étudier jusqu’en Italie. Et on a toute raison de penser que ces gens ont contribué à des échanges "génétiques". Et puis il y a eu les annexions : Bretagne, Languedoc, Roussillon, Alsace, et Savoie après la Révolution, et encore celles que j’ai oubliées. Les guerres ont aussi contribué aux "échanges culturels", croisades, guerres d’Italie, etc. Bref, on se demande bien ce que français veut dire génétiquement parlant, et moi plus que tout autre.

(il faut quand même préciser que sont passés par là la ratonnade du 17 février 1961 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Massa...) avec au minimum plusieurs dizaines de morts et les cadavres flottant sur la Seine, le métro Charonne (https://fr.wikipedia.org/wiki/Affai...), les matraquages de grévistes ou d’étudiants (par exemple en décembre 2007 devant l’Université Paul Valéry à Montpellier) sans aucun ménagement, c’est le moins qu’on puisse dire (lacrymogènes, grenades assourdissantes, …), les contrôles d’identité au faciès, la mort de Malik Oussékine (https://fr.wikipedia.org/wiki/Affai...)… [sans remonter à Fouché ou à Collot d’Herbois, cette liste est très très loin d’être exhaustive]. Autrement dit, si la violence d’État avait toujours été légitime, nous n’aurions peut-être pas à déplorer qu’elle soit "considérée comme une violence ordinaire … totalement inutile".)

[Le 11 novembre : NPA] … en total désaccord avec votre article ...



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