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N° 15 / N° 686 Pour que vive l’Union européenne, un seul projet : la paix
___Si vis pacem para pacem

mercredi 22 mars 2017.
"Si tu veux la paix prépare la paix"

Depuis avril 2016, un groupe de travail d’ICEO a entamé un important travail de réflexion sur la crise au Moyen-Orient, notamment la crise syrienne. En précédant souvent l’actualité, un long document a, d’ores et déjà, été rédigé. À l’occasion des élections qui doivent avoir lieu prochainement dans de nombreux pays d’Europe, les candidats font connaître leurs analyses et leurs propositions.

En parcourant leurs programmes, on peut malheureusement constater qu’en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme et l’indispensable régulation des flux migratoires, les mesures que les principaux responsables politiques préconisent sont en grande partie insuffisantes et inadaptées pour répondre au défi géopolitique que l’Union européenne doit impérativement relever.

Un des nombreux attentats en Turquie (ici à Istanbul)

Face à la croissance constante de la folie terroriste, les chapitres 18 - (Comme la lutte contre les incendies de forêt) - , et 21 - (Pour que vive l’Union européenne, un seul projet : la paix) - de notre étude nous paraissent dignes d’un intérêt tout particulier. C’est pourquoi nous les regroupons sous le titre - (Si vis pacem para pacem) - pour les mettre en ligne sur le site web d’ICEO.

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18 - Comme la lutte contre les incendies de forêts

2016.08.23

Pour être efficace et durable, la lutte contre le terrorisme, comme la lutte contre les incendies [1], doit mettre en œuvre conjointement, à côté des évidentes mesures d’urgence et de celles à court terme, des mesures à moyen terme et d’indispensables mesures à long terme. La lutte de la France contre le terrorisme de Daech ne peut être que globale, menée partout où la menace existe et partout où les terroristes fomentent leurs actions criminelles : au niveau national, au niveau européen et au niveau international.

D’abord le débroussaillage

Depuis l’antiquité, le terrorisme revêt des formes diverses et a des origines multiples, souvent mal définies. Ce n’est malheureusement que lorsque les actes terroristes ont cessé que l’on en comprend réellement les causes premières [2]. S’imaginer qu’on peut prévenir totalement la survenue du terrorisme en en connaissant les raisons précises est donc illusoire. Puisqu’il n’est pas possible de prévoir et de faire échouer tous les attentats terroristes, il faut mettre en œuvre les mesures et les politiques de nature à en limiter les sinistres.

Depuis les derniers attentats en Europe, conscients de ce problème, les responsables politiques européens ne sont pas avares de propositions visant à limiter l’ampleur des prochains attentats. Malheureusement, la plupart des mesures proposées ressortent d’une logique essentiellement sécuritaire et attentiste, qu’on pourrait résumer par : « contre les attentats, barricadons-nous ». Opposer à Daech une guerre de position, alors que cet « État » terroriste est à l’initiative, qu’il bénéficie du soutien potentiel de plusieurs centaines (voire plusieurs milliers) de sympathisants au cœur des principales villes de France et d’Europe, et plusieurs millions dans le monde, est une grave erreur stratégique.

La France est un des rares pays cherchant à ne pas commettre cette erreur, mais avec ses moyens économiques et militaires limités, empêtrée dans ses contradictions diplomatiques, elle ne peut espérer mener seule la guerre mondiale offensive qui s’impose.

Elle ne peut la mener seule, mais rien ne lui interdit, de la penser et de la préparer.

L’élimination physique des quelques dizaines de milliers de djihadistes barbus qui combattent sous le drapeau de l’« État » islamique au Moyen-Orient ne peut suffire à mettre un terme aux divers terrorismes islamistes nés du wahhabisme, ni empêcher que d’autres formes de terrorisme apparaissent.

Pour espérer vaincre le terrorisme islamique, il faut absolument l’empêcher d’étendre son emprise sur les populations musulmanes, en commençant par celles des pays où le wahhabisme ne s’est pas encore imposé. C’est en Afrique subsaharienne, notamment dans les pays ravagés par les guerres tribales ou religieuses, que les possibilités d’expansion de Daech sont les plus grandes. C’est là que les taux de natalité, qui sont les plus élevés du monde (jusqu’à trois fois celui de la France), annoncent des vagues migratoires potentielles vers l’Europe de plusieurs millions d’hommes [3].

Depuis les événements de la nuit de la Saint Sylvestre 2015 à Cologne, même les Allemands, qui s’étaient montrés les Européens les mieux disposés à accueillir de nombreux migrants, ont pris conscience des tensions et des troubles que crée inévitablement l’afflux massif et rapide de populations étrangères, principalement masculines.

Ce que les Allemands et tous les Européens semblent avoir découvert est une donnée de l’Histoire, que Daech connaît parfaitement et cherche évidemment à instrumentaliser depuis sa création. L’arrivée dans un pays de vagues migratoires massives est toujours problématique. Il faut donc impérativement les encadrer fermement lorsqu’on ne peut, ou lorsqu’on ne veut, s’en prémunir.

C’est précisément ce que les instances européennes ont refusé de faire en 2015 pendant de longs mois, pour des raisons idéologiques liées aux accords de Schengen. Ceux qui longtemps n’ont pas voulu entendre les cris d’alarme, adressés en premier lieu à la chancelière allemande - Mutti MERKEL, Ordnung muß sein ! [4] - ont fini par admettre qu’il fallait suspendre les accords de Schengen et mettre un minimum d’ordre dans l’espace européen.

Survenant au milieu de la crise des migrants, la vague d’attentats terroristes en Europe a fait ressortir l’extrême vulnérabilité et l’extrême fragilité de l’Union européenne. Ces événements ne sont pas pour rien dans le désamour croissant des Européens pour l’Union européenne, et ont très certainement influé sur le vote des Britanniques en faveur du Brexit.

Bien que le nombre de migrants lié à la crise syrienne soit resté extrêmement faible (vraisemblablement de l’ordre de 0,2 %) rapporté au nombre total d’habitants de l’Union européenne (550 millions), la brusque et tumultueuse arrivée de populations majoritairement masculines et musulmanes a été vécue avec effroi par de nombreux Européens et a lourdement décrédibilisé les institutions européennes, qui se sont montrées incapables de faire face à la situation.

En raison de la démographie galopante de nombreux pays africains musulmans pauvres et instables, c’est d’Afrique que ne manqueront de venir de prochaines vagues migratoires massives, si la natalité n’y diminue pas rapidement.

Les taux de natalité des pays sont étroitement corrélés avec ceux de la scolarisation des filles dans le secondaire. Alors que dans le monde, en 2012, seuls 15 % des enfants n’étaient pas encore scolarisés dans le secondaire, en Afrique subsaharienne, les non scolarisés représentaient en moyenne 54 % des filles et 47 % des garçons.

D’abord la scolarisation des filles

Il est donc possible d’espérer faire baisser les taux de natalité les plus élevés d’Afrique, sans la violence des avortements obligatoires, tels qu’imposés en Chine et un temps au Japon, en ouvrant des écoles.

Jusqu’à aujourd’hui, à quelques exceptions près, les pays de l’Union européenne ont laissé la France combattre seule le terrorisme islamique en Afrique. Incapables de comprendre, ou voulant ignorer, l’importance qu’avaient les engagements militaires français en Afrique pour l’Europe toute entière, ils ont tenu à ne pas participer aux opérations françaises, pensant sans doute de façon simpliste, que, s’ils ne combattaient pas les islamistes, les islamistes les épargneraient. Cette posture relève d’une mauvaise analyse géostratégique et militaire, et surtout d’une méconnaissance de l’histoire. Compter sur sa neutralité pour échapper au terrorisme et aux agressions est illusoire.

Si on peut reprocher aux pays européens un manque de solidarité avec la France, on doit leur reconnaître une pleine lucidité quant à leurs capacités militaires. En effet, à la notable exception de la Grande-Bretagne, aucun pays européen n’a les moyens matériels et les personnels lui permettant de projeter un détachement militaire à plus de 3 000 kilomètres de ses bases. Évoquée depuis 65 ans, la Communauté européenne de défense n’a d’avenir et d’intérêt que si elle se constitue hors du commandement intégré de l’OTAN. Ceci est aujourd’hui inenvisageable, c’est pourquoi, pour la défense européenne, il y a loin de la coupe aux lèvres [5].

Pour l’Europe devenue de plus en plus multiculturelle, le terrorisme islamiste représente la plus terrible et la plus probable des menaces. L’Histoire la plus récente nous enseigne qu’on ne peut pas mettre un terme à la violence djihadiste en lui opposant la seule force brutale des armes. L’État islamiste, ou Daech, ne peut être durablement réduit qu’en s’attaquant aux problèmes culturels, sociaux, sociétaux, géopolitiques et militaires qui lui ont permis de naître et de prospérer.

En raison de son impuissance militaire, l’Union européenne ne peut prétendre être associée au commandement d’une coalition de forces armées formée pour combattre Daech. En revanche, en raison de sa grande puissance économique et scientifique, elle est particulièrement qualifiée pour initier et codiriger le programme de développement économique et culturel dont l’Afrique subsaharienne a impérativement et urgemment besoin.

L’Union européenne ne peut - et ne veut - armer son bras dans la guerre contre Daech, mais elle peut, et donc elle doit, d’abord pour sa propre survie, tendre la main à l’Afrique pour l’aider à construire la paix.

Le programme d’électrification [6] rapide de 54 pays, que Jean-Louis BORLOO s’efforce de mettre en œuvre en Afrique depuis de longs mois, devrait avoir reçu le soutien ferme et résolu de l’Union européenne, car ses objectifs sont clairs et facilement accessibles. La réalisation de ce programme présenterait des avantages largement partageables entre les Africains et les opérateurs potentiels.

Pour ralentir la vague migratoire arrivant via la Turquie, à l’initiative de la Chancelière Angela MERKEL, l’Union européenne a engagé plusieurs milliards d’euros. La situation étant d’évidence amenée à perdurer de longues années, la facture finale ne peut qu’exploser, pour un résultat plus qu’incertain. À terme, ces milliards d’euros n’auront servi qu’à retarder les nouvelles crises migratoires inéluctables. Il est temps de comprendre que ce n’est pas en bâtissant des murs, mais seulement en construisant des ponts économiques et culturels que l’on arrivera à faire baisser le nombre de ceux qui sont prêts à tenter l’aventure migratoire.

Alors que les causes anthropiques du réchauffement climatique restent encore discutées par de nombreux scientifiques, et non des moindres, la communauté internationale se mobilise fortement, sous l’égide de l’ONU, pour essayer de prévenir des catastrophes climatiques qui demeurent pour la plus part d’entre elles hypothétiques. Il serait de bonne politique que l’Union européenne mobilise toutes les bonnes volontés pour lutter contre l’analphabétisme et la sous-scolarisation des enfants dans le monde, causes incontestables et incontestées des démographies en forte expansion.

Lorsqu’on tue un terroriste sous les bombes, on prend le risque de créer dix vocations djihadistes. Lorsqu’on scolarise dix enfants, on a la chance de se faire dix alliés pour combattre l’obscurantisme et le terrorisme. De même que l’assurance ne coûte cher qu’avant l’incendie, la scolarisation des enfants du monde ne coûte cher qu’avant les attentats terroristes.

21 - Un seul projet pour l’Union européenne : la paix

2016.10.09

Depuis le 23 juin 2016, le rêve d’une Union européenne grande puissance s’est évanoui. Le Brexit a brutalement rappelé aux Européens que les peuples de la vieille Europe restaient viscéralement attachés à leur souveraineté et qu’ils refusaient de se laisser conduire aveuglément, sans comprendre où on les conduit.

Qu’après toutes les atrocités de la Seconde guerre mondiale, la France ait accepté de construire une paix durable avec l’Italie et plus encore avec l’Allemagne, tient du miracle. Avoir cru que ce miracle pouvait être renouvelé sans limite fut une grave erreur. On oublie aujourd’hui qu’en 1951, sans le généreux accord du peuple français, le projet européen n’aurait jamais pu naître. Cet accord ne fut pas signé par les Français les yeux fermés, mais bien au contraire les yeux et le cœur bien ouverts. Seule une grande foi en la paix, éclairée par la raison, permit aux anciens combattants français d’accorder leur clémence à leurs anciens ennemis, qu’ils venaient de cesser de combattre depuis si peu de temps.

Preuve en est qu’en 1954, alors que les adhérents de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) ( continuaient à vouloir entraîner la France dans une Communauté européenne de défense, à la demande pressante des États-Unis, les Français refusèrent définitivement et très majoritairement la CED, considérant qu’elle détournait le projet européen de son objectif central : la paix.

L’esprit qui prévalait avant la chute du mur de Berlin aurait dû facilement valoir après sa chute grâce au dividende de la courageuse politique de désarmement mise en œuvre à l’initiative de Mikhaël GORBATCHEV. Malheureusement, l’intégration rapide dans l’OTAN d’anciens pays du pacte de Varsovie, contrairement aux accords signés avec la Russie en contrepartie de la réunification de l’Allemagne, a fait perdre à l’Union européenne le sens des résolutions qu’elle avait prises à sa naissance.

En 1954, les Français étaient intimement et massivement convaincus que ce n’était pas en faisant une nouvelle course au réarmement qu’on construirait la paix en Europe, mais que c’était en lançant d’ambitieux programmes de co-développement avec les pays frontaliers.

En 2016, les Européens doivent se convaincre qu’à l’heure de la mondialisation, seule la mise en œuvre de grands et longs programmes de co-développement avec les pays les plus pauvres de la planète est de nature à faire baisser les tensions migratoires, qui constituent désormais le principal facteur de guerres terroristes en Europe et dans le monde.

Dans l’Union européenne, les populations les plus réticentes à accueillir les migrants, celles qui sont couvertes d’opprobres pour leur mauvaise façon de penser et leur manque d’empathie pour les immigrés, sont surtout celles qui sont les plus défavorisées. Ayant de plus en plus de mal à se loger, à trouver du travail et à élever leur famille, elles goûtent mal que des gens qui vivent confortablement installés dans l’opulence, voire le luxe ostentatoire et gaspilleur, veuillent leur donner continûment des leçons d’altruisme. Alors que ce sont elles qui sont les premières, et le plus souvent les seules concernées, elles enragent d’être clouées au pilori pour égoïsme. Elles ont pu maintes fois vérifier que lorsqu’on fait appel à la générosité de tous, ce sont d’abord les catégories les plus modestes, qui doivent faire le plus gros effort.

Les instances européennes expliquent aux populations rétives que l’accueil des migrants est un devoir sacré, car on ne peut refuser de porter assistance à des « migrants en danger ». Il est regrettable que les dirigeants européens réduisent leur champ de vision et leur espace de compassion aux plages de la méditerranée et aux populations en marche. En effet, en portant leur regard loin au-delà des frontières de l’Europe, ils pourraient voir des hommes, des femmes et surtout des enfants, largement plus démunis que les marcheurs avançant sur les routes des Balkans.

Trop faible pour migrer

Au nom de la compassion et de la sollicitude qu’on doit avoir pour tous nos frères humains dans la détresse, en commençant par les plus nécessiteux, sans distinction ni d’origine ni de lieu, les Européens ne peuvent réserver leur assistance à ceux qui ont eu la force de franchir les frontières de l’Europe. Car ce serait, si telle apparaissait la situation, la preuve de l’insincérité des instances dirigeantes de l’Europe, et ce serait en totale contradiction avec la politique de contrôle des flux migratoires que les européens prétendent mettre en œuvre aujourd’hui, avec le renforcement de l’agence Frontex.

Les gens simples ont appris à se méfier des donneurs de leçons qui donnent si peu l’exemple. Ils manquent parfois d’instruction, mais rarement de générosité et encore moins de bon sens pratique.

C’est pourquoi, après que les Européens aient été bien et longuement informés, et patiemment convaincus que la paix est à ce seul prix, en leur proposant un vaste et cohérent programme de co-développement au service des populations les plus démunies, notamment africaines, les dirigeants de l’Union européenne ne prendraient que le risque d’offrir à l’Europe l’ambitieux et généreux projet mobilisateur qui lui fait tant défaut.

Bien évidemment, ce projet ne peut être mis en œuvre avec les règles comptables que l’Union européenne impose actuellement à tous les pays membres. Pour que vive l’Europe unie, il faut donc impérativement qu’elle modifie ses règles financières et monétaires. Changer les règles ne signifie pas passer de la rigueur et de l’austérité à la gabegie. En revanche, cela signifie adapter les règles aux nécessités vitales de l’heure.

Alors que tous les États souverains s’efforcent de mettre leur monnaie au service de leur économie, comme les y invitent la science économique orthodoxe, les pays de la zone euro ont cru pouvoir s’affranchir de cette orthodoxie en abandonnant ce pouvoir éminemment régalien. Conséquence : dans l’Union européenne, exemple unique au monde, pour préserver l’euro, c’est l’économie qui est contrainte de se mettre au service de la monnaie.

Croissance en berne, chômage en hausse, la monnaie unique est loin d’avoir confirmé les espoirs placés en elle à sa création. Les économistes qui restent favorables à la monnaie unique affirment que si elle n’a pas tenu ses promesses, c’est faute de politiques économiques adaptées de la part des pays membres. En essayant d’adapter sa politique économique à son appartenance à la zone euro, la Grèce a vu en 2015 son PIB diminuer de 0,2 % par rapport à 2014. Adapter l’économie à la monnaie est peut-être nécessaire (ce qui reste à démontrer), mais apparemment pas suffisant.

L’euro, tel qu’il a été mis en place, a favorisé l’hyper-financiarisation de l’économie (mais n’était-ce pas le but ?), a établi la prééminence des banques et a mis les logiques de la production au service de la finance. Cela a des conséquences importantes sur le fonctionnement des économies, en déformant leurs structures au profit d’activités spéculatives et en en raccourcissant l’horizon. Le fait que les entreprises soient obligées de penser exclusivement dans le court terme, alors que leurs activités nécessitent de penser dans le moyen et le long terme, est un facteur extrêmement important de dysfonctionnement du système économique.

L’euro est aussi et surtout un facteur de dysfonctionnement, ou plus exactement de non fonctionnement du système politique. En laissant aux banques et à la finance le privilège d’orienter les investissements, l’Europe fait le choix fou de faire sa politique « à la corbeille [7] ».

L’Europe monétaire, telle qu’elle fonctionne actuellement, interdit de facto à l’Europe politique d’avoir un projet à long terme. En 2008, les responsables politiques européens ont eu la grande sagesse de ne pas laisser « à la main invisible du marché » le soin de régler la crise mondiale due aux "subprimes".

À la demande pressante des banquiers de la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE), comme les autres banques centrales, est intervenue pour s’efforcer de restaurer la confiance sur les marchés financiers, soutenir le système bancaire et éviter le rationnement du crédit aux ménages et aux entreprises. Ce faisant, elle a été amenée à décider de la mise en œuvre de mesures dites "- non conventionnelles -".

Le terrorisme islamique menace aujourd’hui l’existence même de l’Union européenne. Plus l’Europe différera la mise en œuvre de programmes de co-développement avec les pays les plus susceptibles de soutenir à terme les djihadistes, plus les Européens auront de difficulté à gagner la guerre qui leur est faite et plus l’Union européenne sera fragilisée, au risque de finir par se défaire.

Grâce à des mesures non conventionnelles, la BCE a participé efficacement au sauvetage du système bancaire européen.

Dans le même cadre non conventionnel, l’Union européenne devrait pouvoir disposer auprès de la BCE des sommes, relativement modestes, nécessaires aux indispensables programmes de co-développement.

De l’électricité pour ne plus devoir faire ses devoirs à la bougie.

La BCE a su s’affranchir de ses règles trop strictes pour sauver le système bancaire européen, il serait paradoxal qu’elle s’interdise de le faire pour préserver la paix. Pour relancer la croissance, la BCE n’a pas hésité à employer les grands moyens. En mars 2017, en deux ans, la BCE aura déboursé 1 740 milliards d’euros pour racheter des dettes (jusqu’à 80 milliards d’euros de titres chaque mois). La palette des titres éligibles aux rachats de dettes a été élargie pour inclure des obligations émises par des entreprises de la zone euro - à l’exclusion des banques. Un nouveau programme de prêts géants pour les banques complètera le dispositif. L’objectif est d’inciter les banques à faire circuler l’argent dans l’économie, pour faire repartir le crédit, les prix, et la croissance. Malheureusement, les prêts sans limites à taux zéro que la BCE fait aux banques, stimulent très peu la croissance, car trop souvent au lieu de servir à soutenir les investissements productifs, ils alimentent et font naître de nouvelles bulles spéculatives.

Devant la faible croissance qui persiste, malgré les énormes quantités d’euros injectées dans l’économie européenne, de nombreuses voix se font entendre pour réclamer le financement direct de grands travaux (autoroutes, lignes à grande vitesse, etc.) par la BCE.

Pour l’équivalent d’un mois de rachat de dettes par la BCE (80 milliards), l’Europe pourrait construire plus de 2 000 kilomètres de TGV et près de 1 000 kilomètres d’autoroute de montagne.

Le montant du programme d’électrification de l’Afrique proposé par Jean-Louis BORLOO a été estimé à moins de 50 milliards d’euros. Si l’Europe prenait en charge la totalité de ce financement, elle prendrait facilement la plus grande part du marché d’équipement et d’installation correspondants. Ce qui signifie qu’une grande partie des 50 milliards reviendrait rapidement en Europe (et créerait des emplois !).

L’Europe aurait tout à fait les moyens de financer seule le programme de Jean-Louis BORLOO, si, pleinement consciente de sa nécessité, elle en avait la lucidité et la volonté politique.

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[1] Par exemple, la lutte contre les incendies de forêts doit être curative et préventive. Les moyens matériels et humains pour éteindre les feux doivent être adaptés aux risques d’incendie et les risques d’incendies doivent être réduits au minimum par des mesures de débroussaillage adaptées à la configuration des terrains.

[2] Il a fallu aux gouvernements français et aux Français six longues années pour finir par admettre et comprendre les causes premières des attentats terroristes perpétrés par les membres du Front de libération national algérien. La conscience nationale algérienne qui s’est forgée durant les 130 années de la colonisation française et l’humiliante domination des populations de culture musulmane par les populations d’origine européenne rendait la soif d’indépendance des populations musulmanes inextinguible.

[3] Nous écrivons millions d’hommes et non millions de personnes, parce que la spécificité des vagues migratoires vers l’Europe provenant de l’Afrique subsaharienne est d’être presque exclusivement jeune et masculine.

[4] - Mutti MERKEL, Ordnung muß sein ! - ( il faut de l’ordre) : http://www.association-iceo.fr/spip...

[5] Défense européenne : loin de la coupe aux lèvres : http://www.association-iceo.fr/spip...

[6] Programme d’électrification : http://www.energiespourlafrique.org...

[7] « La politique de la France ne se fait pas - à la corbeille - », disait de Gaulle dans une de ces formules ciselées et définitives dont cet homme dédaigneux de l’or et de ses adorateurs avait le secret. La bourse, l’économie ne dictent pas leurs volontés aux politiques. Un credo et une vérité. Mais une réalité d’un autre temps. Que dirait de Gaulle aujourd’hui ? Sans doute s’étranglerait-il. La politique de la France et des autres pays d’Europe se fait dorénavant, et c’est peu dire, sous la supervision de la corbeille. Une corbeille dématérialisée, mondialisée, et d’autant plus puissante qu’on la croit toute-puissante. Le lien ancestral de subordination de l’économique au politique semble rompu.

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COMMENTAIRES

[ Le 5 janvier : Jean-Marie R] … Quelques commentaires :

- "L’Histoire la plus récente nous enseigne qu’on ne peut pas mettre un terme à la violence djihadiste en lui opposant la seule force brutale des armes. L’État islamiste, ou Daech, ne peut être durablement réduit qu’en s’attaquant aux problèmes culturels, sociaux, sociétaux, géopolitiques et militaires qui lui ont permis de naître et de prospérer.") -

Il ne faut pas oublier le vide spirituel et moral de l’Europe qui a abandonné toute transcendance au profit de l’hyper libéralisme des mœurs et de l’économie consumériste, ce qui est une des raisons majeures du mépris qu’ont de plus en plus de musulmans pour notre société « impie » et en conséquence de leur refus de s’intégrer qu’expriment les tenues des intégristes qui prolifèrent dans nos rues ; également une des forces des djihadistes à quoi nos peuples moralement et spirituellement désarmés n’ont pas grand-chose à opposer depuis que même le patriotisme qui faisait la force de nos aïeux est maintenant dénigré par les médias et autres adeptes de la mondialisation sans frontières.

- "De même que l’assurance ne coûte cher qu’avant l’incendie, la scolarisation des enfants du monde ne coûte cher qu’avant les attentats terroristes." -

Il ne faut pas oublier quand même que beaucoup de djihadistes, actifs « de terrain » ou concepteurs et organisateurs de ce djihad moderne qui recourt aux technologies les plus pointues, pour l’action comme pour l’information et la propagande, sont des "intellos" souvent brillamment diplômés)

[ Le 9 janvier : Dominique D] … Quelques observations :

Alors que les causes anthropiques du réchauffement climatique restent encore discutées par de nombreux scientifiques, et non des moindres, …

Cette phrase étant largement sujette à caution, elle mérite AU MOINS des références. En effet, on peut penser qu’on a, de la part des compagnies pétrolières (et éventuellement charbonnières, puisque le charbon est du carbone pur alors que le pétrole a une composition moyenne entre CH et CH2, donc donne moins de CO2 pour la même production énergétique), le même type d’activité désinformatrice (on appelle ça de la propagande, ou de l’intoxication) que celle des cigarettiers pour réfuter l’implication du tabac dans le cancer du poumon ou que celle des marchands états-uniens de sucre (publication récente sur le sujet dans un grand journal scientifique) vis-à-vis des maladies cardio-vasculaires (ils ont refilé la "faute" aux lipides, cholestérol en particulier, pour dédouaner leur produit … et augmenter sa vente pour compenser la dépense énergétique plus couverte par la diminution de la consommation de lipides. Il serait intéressant de vérifier les conflits d’intérêt : subventions et autres.

[Références demandées :]

Liste de scientifiques sceptiques sur le réchauffement climatique : https://www.wikiberal.org/wiki/List...

Climatosceptique : https://www.wikiberal.org/wiki/Clim...

- "De même que l’assurance ne coûte cher qu’avant l’incendie, la scolarisation des enfants du monde ne coûte cher qu’avant les attentats terroristes." -

Comme disait Abraham LINCOLN : "si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance" http://dicocitations.lemonde.fr/cit...



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