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N° 20 / N° 680 Un billet d’humeur de Patrick BESSON dans Le Point
___La bombe différente

vendredi 24 février 2017.
jeudi 24 novembre 2016.

Connu pour son tempérament de provocateur redouté, cynique et à l’humour grinçant, Patrick BESSON est aussi et surtout un écrivain créateur d’une bibliographie de près de quarante titres.

Sa vie d’infatigable donneur de leçons commence en 1956, année où il voit le jour dans le XIXème arrondissement de Paris, d’un père russe et d’une mère croate.

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DIFFUSEE LE VENDREDI 28 OCTOBRE 2016

Sur Europe 1, l’intellectuel revenu d’Irak, assure que la ville de Mossoul n’est pas bombardée, seuls les alentours le sont. Vrai ou faux ?

Bernard-Henri LÉVY a fait un passage à Mossoul la semaine dernière et se mobilise. L’intellectuel est retourné au Kurdistan Irakien pour un film sur la bataille de Mossoul, entamée le 17 octobre. Il nous a livré ce témoignage surprenant : "Il n’y a pas de bombardement sur Mossoul. Il n’y a pas de bombardements ! Autour de Mossoul, il y a des combats".

Sauf que nos envoyés spéciaux à Mossoul, Gwendoline DEBONO et Didier FRANÇOIS, ont recueilli les témoignages d’habitants qui ont pu fuir la ville. Et ils racontent ces bombardements. C’est un check-point de Daesh qui a été détruit, des immeubles abritant un état-major de l’EI, un pont, des entrepôts… Ces frappes sont une réalité, la population se terre, elle évite de sortir et il est évident qu’elles vont s’intensifier avec tout ce que cela implique pour les populations civiles.

Les forces de la coalition tiennent d’ailleurs le compte des bombardements. Depuis le début de l’offensive, le 17 octobre, les armées américaine, française, britannique ont bombardé 43 fois la ville ou ses alentours. La France a détruit 54 objectifs, nous dit l’état-major, avec ses 36 rafales et 4 canons-césar engagés.

L’armée ne donne jamais la localisation exacte de ses frappes, qui viennent en soutien à la progression au sol des soldats, irakiens, kurdes… Ils sont à 8 kilomètres de la ville, mais on sait que celle-ci est déjà frappée, en prévision de l’assaut justement.

La situation à Mossoul ressemble à celle d’Alep avec des terroristes, retranchés, qui se servent des gens comme boucliers humains. Difficile d’accuser les russes et Bachar AL-ASSAD de pilonner Alep, quand on risque en Irak, de faire la même chose. Et ce risque est réel : Daesh s’est installé à Mossoul, dans des hôpitaux, des écoles, ces lieux que la convention de Genève interdit de bombarder. En Syrie, les Russes et le pouvoir, s’en moquent. Mais ce sera extrêmement difficile, avec des méthodes conventionnelles à Mossoul, de les en déloger.

Plusieurs dizaines de civils ont été tués dans un bombardement qui a frappé Mossoul le 17 mars. La coalition internationale enquête sur ses frappes aériennes, afin de déterminer s’il s’agit d’une bavure ou si Daech utilise des civils comme boucliers humains.

Alors que les forces irakiennes, sur le terrain, progressent rue par rue pour libérer Mossoul des djihadistes de Daech qui l’occupent, des bombardements ont tué des dizaines de civils, ces derniers jours, dans l’ouest de la ville. Le bilan n’est pas connu précisément, mais un responsable irakien évoque « des centaines » de tués.

La coalition internationale a reconnu avoir bombardé le secteur où ces pertes civiles ont été rapportées. « A la demande des forces de sécurité irakiennes, la coalition a frappé des combattants et du matériel (ndlr. de Daech) le 17 mars à Mossoul-Ouest dans le secteur correspondant à des allégations de victimes civiles », a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle dit chercher à déterminer le « bien-fondé de ces allégations ».

Samedi, Bachar AL-KIKI, chef du conseil de la province de Ninive, a fait état de « dizaines de corps encore ensevelis sous les décombres » après les bombardements aériens à Mossoul, sans préciser quand et où ces raids avaient eu lieu, ni qui les avait effectués. De son côté, le gouverneur provincial Nawfal HAMMADI accuse la coalition d’avoir mené des frappes ayant tué « plus de 130 civils » dans le quartier Al-Jadida. Il évoque « l’ensevelissement de centaines (de corps) de martyrs dans les décombres des maisons d’Al-Jadida ». « Daech essaie de stopper par tous les moyens l’avancée des forces irakiennes. Il rassemble des civils (...) et les utilise comme boucliers humains », explique-t-il.

Une autre possible bavure mardi en Syrie, à Raqqa

D’autres responsables irakiens parlent de centaines de morts dans plusieurs frappes sur plusieurs jours. Omar Mohamed SUMAYR et son oncle Manhal, des civils qui ont fui Mossoul, assurent qu’un immeuble avec 170 personnes à l’intérieur a été détruit alors que les djihadistes étaient pourchassés depuis les airs. « Des snipers de Daech sont montés (sur les toits), ils ont ouvert le feu sur les forces irakiennes » et un avion les a bombardés avec un missile, explique-t-il. « Notre immeuble est à côté de celui qui a été détruit ». Un général irakien, sous couvert de l’anonymat, a indiqué que les frappes avaient endommagé plus de 27 bâtiments résidentiels, dont trois avaient été complètement détruits.

Cette possible bavure est la seconde attribuée à la coalition internationale cette semaine. Mardi, au moins 33 civils avaient péri en Syrie, dans la province de Raqqa, contrôlée majoritairement par Daech, dans un bombardement aérien sur une école servant de centre pour les déplacés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. L’OSDH a accusé la coalition. Les militaires de la coalition avaient déjà été montrés du doigt la semaine passée pour un autre raid aérien qui aurait déjà fait des dizaines de victimes civiles dans une mosquée proche d’Alep (nord de la Syrie).

Au début du mois, la coalition menée par Washington avait jugé « probable qu’au moins 220 civils aient été tués involontairement dans des frappes » menées par son aviation depuis 2014, année où ont débuté ses opérations contre Daech en Irak et en Syrie. L’armée de l’air irakienne bombarde également les djihadistes à Mossoul mais n’a jamais publié d’estimations de ses victimes civiles.



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