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N° 80
___Bulgarie : première présidence du Conseil de l’Union Européenne

mercredi 31 janvier 2018.

La Bulgarie a entamé pour six mois sa première présidence (tournante) du Conseil de l’Union Européenne, lancée officiellement à Sofia le 11 janvier 2018, en présence des plus hautes instances de l’UE. Dix ans après son adhésion à l’UE, la Bulgarie assume donc la responsabilité de coordonner l’activité des principales autorités et institutions de cette organisation interétatique dont nous dépendons.(1er semestre 2018)

Une organisation à laquelle 28 pays du vieux continent ont confié de larges prérogatives dans le domaine de la politique internationale, de la sécurité et de l’économie, avec les résultats contrastés que l’on sait et la défiance marquée par une partie des peuples européens et plusieurs gouvernements à l’encontre de certaines politiques mises en œuvre par la Commission de Bruxelles.

Sofia au pied du mont Vitocha

Le gouvernement bulgare, qui n’est lui-même pas exempt de critiques et de reproches, aura à faire ses preuves dans un exercice difficile et semé d’embûches.

Les responsabilités découlant de cette présidence sont en effet chargées de nombreuses attentes : progrès dans la phase critique des négociations sur le Brexit ; répartition acceptable des charges budgétaires au moment de la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE ; ajustements de la politique de cohésion ; avancement dans le domaine de l’intégration européenne des pays voisins de la Bulgarie – l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Macédoine, la Serbie et le Monténégro ; normalisation du dialogue entre l’UE et la Turquie au moment où celle-ci est engagée à la fois dans une vaste politique de relance de son influence dans les Balkans et dans celle, très ambiguë et offensive qu’elle déploie en Syrie, entre autres sujets.

Les quelques extraits de la presse écrite ou de la radio bulgares, repris des publications de l’Alliance France-Bulgarie alliancefb@alliancefb.org peuvent nous aider à faire le point sur ce pays ami, où ICEO compte plusieurs partenaires, en ce début de mandat.

A l’inauguration de la présidence bulgare de l’UE, le premier ministre Boyko BORISSOV a déclaré qu’il faut, d’une part, « que nous ayons un comportement de modérateur impartial pendant ses 6 mois, mais que dans le même temps, chaque Bulgare doit sentir que l’UE agit en sa faveur ». » Boyko BORISSOV a indiqué qu’il y aura beaucoup d’événements au cours des 6 mois de présidence bulgare, dont la politique de cohésion, les problèmes de la région, la politique agricole, la cyber sécurité, la défense européenne et la migration. Mais la Bulgarie a aussi la chance de faire progresser l’espoir des peuples des Balkans occidentaux, estime le premier ministre bulgare.

La ministre des Affaires étrangères Ekatérina ZAHARIÉVA a présenté à Bruxelles les priorités de la présidence bulgare du Conseil européen. Devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, Ekatérina ZAHARIÉVA a cité les 4 grandes priorités de la présidence, plaçant l’accent sur la perspective européenne des Balkans occidentaux et la prospérité de l’Europe. "Sans des Balkans stables et sûrs, l’Europe n’apportera ni stabilité ni sécurité", a indiqué la ministre, ajoutant que le sommet en mai prochain à Sofia sera le premier forum de cette envergure après la conférence à Salonique en 2003. A Bruxelles étaient réunis des représentants des 6 pays des Balkans occidentaux qui ne sont pas membres de l’UE. (Radio Bulgarie)

La présidence bulgare a énoncé quatre domaines prioritaires qui reflètent les réformes attendues (https://eu2018bg.bg/fr/programme) :

- la cohésion économique et sociale, centrée sur le cadre financier pluriannuel de l’UE, les futures politique de cohésion et politique agricole commune, ainsi que sur l’approfondissement de l’Union économique et monétaire ;

- la stabilité et la sécurité en Europe : décisions conjointes pour une plus grande sécurité des frontières extérieures, une gestion plus efficace de la migration, jeter les bases d’une Union de défense, y compris en mettant en place la première coopération structurée permanente au sein de l’UE ;

- la Perspective européenne et les Balkans occidentaux : l’intention de la Bulgarie de profiter de son expertise régionale, sans créer de fausses attentes, pour soutenir les réformes des pays des Balkans occidentaux liées à l’adhésion à l’UE et les placer au premier plan de l’ordre du jour des Balkans aux fins de la paix et la stabilité dans cette région. Parallèlement à cela, la présidence bulgare versera des efforts pour accorder un plus grand soutien géopolitique et économique aux Balkans occidentaux par le biais de l’amélioration de leur connexion avec l’UE dans les domaines ferroviaire, aérienne, digitale, éducative et énergétique ;

- l’économie numérique et les compétences pour l‘avenir : focus sur l’achèvement du marché numérique unique de l’UE et le développement de l’économie et des capacités numériques. Ce dossier comprend un paquet cybersécurité, une directive relative aux droits d’auteur, le libre flux des données à caractère non personnel, un code des communications électroniques, la protection de la vie privée dans les communications électroniques, etc.

Mme Nathalie LOISEAU, Ministre chargée des Affaires européennes, se rendra en visite à Sofia ce vendredi, 19 janvier, dans un contexte bilatéral marqué par une dynamique positive et alors que la Bulgarie vient de prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne.

Au cours de cette visite, Mme LOISEAU s’entretiendra avec Mme Ekaterina ZAHARIEVA, vice-première ministre en charge de la réforme judiciaire et ministre des Affaires étrangères et avec Mme Liliana PAVLOVA, Ministre de la Présidence bulgare du Conseil de l’UE.

Mmes LOISEAU et PAVLOVA ont donné à l’Institut français de Bulgarie la première conférence conjointe dans le cadre du cycle L’Europe qui protège : « Quelle ambition pour l’Europe ? ». L’événement est organisé par l’Ambassade de France en Bulgarie en partenariat avec Pan-Europa Bulgarie.

Malgré la conjoncture fort compliquée en Allemagne, avec les incertitudes autour de la formation d’un nouveau gouvernement, le 20 janvier, la chancelière allemande Angela MERKEL a effectué une visite en Bulgarie pour s’informer à la source des intentions et des priorités de la présidence bulgare du Conseil européen.

Au sujet de la présidence, le soutien a également été exprimé par la France, en la personne de sa ministre en charge des Affaires européennes, Nathalie LOISEAU, qui est arrivée à Sofia, alors que le président Emmanuel MACRON s’entretenait avec Angela MERKEL à Paris. Et Nathalie LOISEAU n’a pas manqué de souligner que les priorités bulgares rejoignaient les ambitions de la France pour une Europe plus souveraine, unie et démocratique…

Comment doit-on interpréter le soutien ferme des deux plus grandes puissances européennes à la présidence bulgare de l’Union européenne ? Visiblement, les articles sur la corruption de haut niveau, la pauvreté, la violation des normes écologiques en Bulgarie, n’ont pas trop contrarié la France et l’Allemagne qui considèrent toujours la Bulgarie comme un partenaire légitime et digne de respect. Car autant les Français que les Allemands ont soutenu les priorités et les ambitions de la présidence bulgare, qui mise sur l’emploi, la croissance et la compétitivité, la cohésion et l’unité de l’Union européenne, qui protège ses citoyens, l’union énergétique et les actions face aux changements climatiques, la liberté, la sécurité et la justice…

L’entrée de la Bulgarie dans la zone euro pourrait faire du pays un pont entre l’Europe et le Proche-Orient et un modèle pour les pays des Balkans occidentaux.

C’est ce qu’a déclaré Dimitar BRANKOV, vice-président de l’Association des industriels bulgares et membre du Conseil économique et social, lors d’une conférence de presse consacrée à l’association de la Bulgarie au mécanisme ERM2, avant d’entrer dans la zone euro. A ses dires, cela doit être la plus grande des priorités de la politique nationale, car les effets sur le long terme auront une répercussion sur les revenus, la compétitivité, la productivité, l’inversement de la tendance à la dénatalité. (Radio Bulgarie)



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